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Pas de storytelling de grind, pas de « je me suis levé à 5h » : des faits mesurés dans les archives. Ce que construire Limbra a réellement coûté, en cadence, en usure, en dette, en mémoire. Premier jet posé le 14 août 2026 ; relu le 15 août 2026, volumes revérifiés sur le disque à cette date.
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Dès février 2026, le journal du projet contenait cette phrase, écrite bien avant que je sache où tout ça mènerait : « "J'ai fait une app avec l'IA en 1 week-end" → Bullshit. » Six mois plus tard, je la maintiens, et ce chapitre en est la démonstration par les archives. Conformément aux décisions posées à l'ouverture de ce récit, les volumes d'heures restent qualitatifs : ce qui suit, ce sont les traces objectives.
La construction de l'app proprement dite a tenu en six semaines, mais ces six semaines n'ont ressemblé à rien de raisonnable. Le journal des sessions en garde le décompte exact : environ dix-neuf sessions d'IA le 10 juillet, une vingtaine le 12, dix-huit le 18, au moins vingt le 19, chacune avec son périmètre, sa documentation, ses relectures. Le 8 août, six sessions tournaient en parallèle sur le même dépôt. Et avant ces six semaines, il y avait eu des mois : la recherche, la conception, le prototype, le rendez-vous addictologue.
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La vitesse a un plafond, et il s'est vu : le 20 juillet, une session note qu'un plafond de deux sessions parallèles « n'a pas tenu le jour même » ; quatre tournaient. Le 7 août, la limite hebdomadaire d'utilisation de l'IA est atteinte en pleine session : deux relectures obligatoires n'ont pas pu avoir lieu, rattrapées le lendemain par une session dédiée. Même l'outil a des quotas.
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La partie invisible du travail, celle qui ne produit aucun écran nouveau : calibrer, reprendre, nettoyer.
Le poste de dépense que personne n'anticipe : la documentation. Pour qu'un projet piloté par IA reste cohérent, sa mémoire écrite doit être maintenue comme du code, et elle a la taille d'un livre.
Il manque une chose au journal des sessions, et ce chapitre serait malhonnête sans elle : début 2026, j'ai traversé une grosse dépression, puis une autre en mai. Limbra ne s'est pas construite à côté de ça ; elle s'est construite avec. Travailler sur cette app me sert de thérapie : un endroit où poser l'attention, des problèmes qui se laissent résoudre, des règles qui tiennent les jours où le reste tient moins. Une bonne partie du développement s'est d'ailleurs faite pendant des semaines passées en retrait, le temps de me remettre ; j'avais du calme, du temps, et ce chantier pour tenir les journées. Je ne recommande pas ça comme méthode, je ne suis pas soignant ; je raconte ce qui, pour moi, a fait appui. Une app de soin construite comme un soin : l'ironie ne m'a pas échappé, et je la garde.
Et il y a une contradiction que je porte sans l'avoir résolue. Je suis sincèrement enthousiaste de ce que l'IA m'a permis de faire, et je refuse de minimiser son rôle : elle a écrit chaque ligne de code de cette app, des dizaines de sessions par jour dans des datacenters dont je connais le coût, pendant que je me soucie d'écologie. Je me dis anticapitaliste, et j'ai passé des sessions entières à calibrer des paliers de soutien payants, jusqu'à maintenir contre l'avis clinique un palier « Un café pour le projet ». Je n'ai pas de résolution élégante à offrir. Le cœur de l'app est gratuit et le restera, le soutien reste volontaire, ma consommation d'IA est réelle ; les trois sont vrais en même temps, et un récit qui prétendrait les réconcilier serait exactement le bullshit que ce journal existe pour éviter.
Il ne dira pas un nombre d'heures : le seul comptage qui existe est une estimation d'époque, citée au chapitre chronologique pour ce qu'elle est. Il ne dira pas que ça a été facile, ni héroïque ; et il refuse l'héroïsme pour une raison précise : si moi, graphiste avec quelques notions, j'ai pu construire une app de santé en dirigeant des IA, d'autres peuvent construire la leur. Raconter le coût honnêtement sert à ça : pas à impressionner, à rendre le chemin praticable. Un graphiste, des IA rapides et faillibles, un filet de règles construit incident par incident, et six mois de travail réel : c'est le coût, et il est écrit.
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Sources : journal des sessions, suivi des chantiers, audits de reprise, journal de collaboration d'époque. Citations verbatim ; 34 fragments collectés pour ce chapitre le 14 août 2026. La section « Le coût que les archives ne mesurent pas » est rapportée par Thomas lui-même, de mémoire, ajoutée le 15 août 2026 ; c'est la seule du chapitre sans source d'archive, et c'est assumé.
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