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Cette page est l'ossature du récit : les faits, dans l'ordre où ils sont arrivés. Les huit chapitres thématiques puisent ici leur chair. Le récit court désormais de l'automne 2025 au 24 août 2026, jour où le récit lui-même est mis en ligne. Relue et harmonisée le 15 août 2026 ; la chair détaillée vit dans les huit chapitres.
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Je ne sais plus le jour exact où Limbra a commencé, et je préfère l'écrire plutôt que l'inventer : c'est un journal, pas un acte notarié. Quelque part entre l'automne et l'hiver 2025, une idée s'est installée et n'est plus repartie.
Elle ne venait pas d'un business plan. Elle venait de l'univers que je construisais déjà en tant que graphiste, Noctaliæ pour la nuit, les rêves et les neurosciences, et une place vide juste à côté, dans l'ombre. Et d'un agacement précis : les applications d'addiction existantes comptent des jours d'abstinence, affichent des séries à ne pas briser, et punissent la rechute en remettant le compteur à zéro. Pour quelqu'un qui traverse une addiction, ce compteur à zéro, c'est de la honte à l'état pur, distribuée par une interface.
La rechute n'est pas un échec ; c'est une information.
Cette phrase est le premier vrai fragment du projet. Tout le reste, la recherche, le design, les garde-fous, en découle.
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Le nom. Limbra, trois couches : le système limbique, le cerveau émotionnel où vivent les circuits de la récompense ; umbra, l'ombre en latin, parce que l'app rejoint la personne là où elle est au lieu d'exiger qu'elle vienne vers la lumière ; libra, la balance, l'équilibre à retrouver.
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Je ne suis ni médecin, ni chercheur, ni développeur. Alors avant de dessiner quoi que ce soit, j'ai fait la seule chose défendable : lire. La Phase 0 a produit environ 50 000 mots de documentation. La méthode était artisanale et sérieuse à la fois : douze grandes questions rédigées avec l'IA, envoyées dans un moteur de recherche scientifique ; chaque réponse archivée en PDF ; le tout versé dans un carnet de synthèse, puis transformé en grilles d'analyse.
Et une exigence non négociable : des publications, pas des opinions. Chaque question imposait ses sources par leur nom : PubMed, The Lancet Digital Health, JMIR, Nature, les revues Cochrane, Addiction, Neuropsychopharmacology. C'est dans cette phase que s'installe la colonne scientifique qui tient encore l'app aujourd'hui : Volkow (NIDA) sur la récompense, Lembke (Stanford) sur la balance plaisir-douleur, Brewer (Brown) sur le craving, Koob (NIAAA) sur l'allostasie, Everitt (Cambridge) sur la compulsivité, Lewis (Radboud) sur la neuroplasticité, Berridge (Michigan) sur la distinction wanting/liking ; et côté français, Auriacombe (Bordeaux) sur le craving computationnel.
L'autre exigence, c'était le refus du récit facile. Un projet de santé qui ne lit que les success stories est un projet marketing.
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Le crédo anti-bullshit, verbatim des questions d'origine :
Attention : je veux les études qui ÉCHOUENT aussi, pas seulement les success stories.
Qu'est-ce qui est validé vs qu'est-ce qui est du wellness washing ?
Pas les plus populaires — les plus innovantes scientifiquement.
Quelles preuves scientifiques solides (pas de la chromothérapie) ?
Ces phrases datent de la Phase 0. Elles deviendront plus tard un agent relecteur à part entière, chargé de vérifier chaque affirmation scientifique du contenu de l'app contre ses sources primaires.
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Et dès cette période, un réflexe qui allait devenir la colonne vertébrale du projet : tout consigner. Un journal de collaboration humain/IA, tenu au fil de l'eau, avec pour chaque tâche ce que l'humain a fait, ce que l'IA a fait, et surtout une rubrique dédiée à ce que l'IA a raté. En tête du fichier : « 100% honnête, 100% transparent ».
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Insight d'époque (journal de collaboration, Phase 0) : « L'IA est un excellent assistant de recherche mais ne remplace pas l'esprit critique. La direction scientifique doit venir de l'humain. »
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